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La rentrée... La 14ème rentrée

28 août
3 min de lecture

Cette rentrée est ma quatorzième sur les bancs de l'université et j'ose espérer qu'elle sera la dernière avant l'obtention de l'agrégation. Ce chiffre vertigineux ne doit rien à un parcours linéaire, mais à une trajectoire sinueuse, faite de détours et de recommencements qu'il serait malhonnête de glamouriser autant que de taire.

Tout commence, paradoxalement, par l'espagnol.


Une enseignante de collège, alors que le harcèlement scolaire rendait chaque journée éprouvante, avait insisté (convainquant davantage mes parents que moi-même) pour que toutes les options de langues vivantes soient empruntées. C'est cette insistance, plus qu'une vocation précoce, qui ouvrit la voie à une classe préparatoire, puis à une licence d'histoire menée avec une certaine opiniâtreté.

 

S'ensuivit une pérégrination académique proprement labyrinthique : une licence d'histoire de l'art entamée puis délaissée pour des raisons personnelles, un master recherche consacré à Jeanne de Castille, des années passées comme surveillante en REP+ puis en lycée, avant un détour par la conservation du patrimoine écrit au CESR de Tours. Vint enfin le contrat doctoral, cinq années de thèse et d'enseignement, puis, la sixième année, une première tentative d'agrégation. Le CAPES obtenu au passage, étape qui, loin de clore ce cheminement protéiforme, en ouvre la dernière ligne droite. Cette intensité et articulation emplois/études n'ont jamais été un choix délibéré, mais bien souvent une nécessité. Je refuse pourtant d'en faire un modèle à suivre comme d'en invisibiliser les difficultés.

 

Bref, vous l'aurez compris, je m'y connais en rentrée.Voici mes quelques réflexions sur ce sujet, pouvant servir à toutes et tous, peu importe votre contexte.

 

✴ Une rentrée fatigue :

Il y aura beaucoup de nouvelles choses à découvrir et à intégrer en peu de temps. Il n'y a aucune culpabilité à se sentir fatigué.e durant tout le mois de septembre. Il s'agit presque d'une règle universelle. Ici, il y a deux écoles, je vous les cite et vous donne la mienne. Il y a celles et ceux qui estiment qu'il vaut mieux ne pas se brûler en septembre et « attendre et voir », pour pousser les moteurs en octobre. Ensuite, il y a celles et ceux qui se sentent galvanisé.e.s par la nouveauté et qui veulent surfer sur la vague de la motivation. Ils et elles assument de réaliser du travail supplémentaire en sortant de cours, car elles et ils sont encore porté.e.s par cette énergie. En octobre, une fois sur les rails, alors que d'autres accéléreront, ils et elles ralentiront pour se poser en pause pédagogique, avant d'entamer la nouvelle période.

 

✴ Une rentrée où on se compare :

Nous arrivons toutes et tous avec notre propre état de fatigue ainsi que de préparation à la rentrée. Certain.e.s ont pu ou voulu se reposer complètement. D'autres étaient sous le joug d'un emploi et du stress financier pour tenir dans la précarité encore une année. D'autres, peu importe leur situation initiale, auront travaillé et préparé leur rentrée. Il n'y a aucune bonne ou mauvaise situation, sans non plus en faire une réponse de normand. Les contextes sont différents, mais refusez de croire que tout se scelle par une préparation ou du repos. Les études et la réussite récompensent la régularité et non les courses. Certain.e.s arriveront en tête de peloton dès le premier jour, mais ce ne sera peut-être qu'un feu de paille, et leur manque d'endurance finira par les perdre. Acceptez également que votre propre contexte ne vous porte pas aussi linéairement que d'autres, là où vous le souhaiteriez.

 

✴ Une rentrée angoisse :

Ces nouveaux visages, ces nouveaux lieux et ces nouveaux défis sont source d'angoisse plus que de nervosité. L'inconnu, le qui-vive, l'interprétation ainsi que l'adaptation à votre nouvelle place créent des boules au ventre. Ce qui est beau, c'est que l'angoisse est souvent partenaire de l'excitation, ici. Estimez-vous chanceux ou chanceuse de ce renouveau, mais sans pression. Laissez-vous glisser et refusez l'injonction de la table rase ou d'un début de course. Prenez peut-être les choses pour ce qu'elles sont, une marche supplémentaire de franchie. Si vous redoublez, il s'agit tout de même d'une marche ascendante, je vous l'assure.


Je pourrais poursuivre ce billet longtemps, mais je suis malheureusement contrainte par le temps et je souhaite garder ces petites interventions lisibles.J'organiserai un vote sur Instagram pour le prochain billet :

  • Méandres administratifs


    OU

  • Parcours international ?

J'espère que vous serez nombreuses et nombreux à voter.


En 2027, peu importe si j'obtiens l'agrégation ou non, la rentrée sera en tant qu'enseignante du corps de la fonction publique.

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